 Les océans Arctique et Antarctique sont loin d'être des déserts glacés, montre le Recensement mondial de la vie marine (CoML). Selon le document, 7500 espèces animales ont été recensées dans l'Antarctique et 5500 dans l'Arctique, dont plusieurs centaines n'avaient apparemment jamais été mises au jour.
La plupart de ces espèces sont des invertébrés, des animaux dépourvus de colonne vertébrale, comme des mollusques ou des coelentérés. Fait intéressant : pas moins de 235 espèces marines vivent dans les deux régions polaires malgré les 12 000 kilomètres qui les séparent. Parmi eux:
- cinq espèces de baleine
- près de 100 espèces de crustacés
- plusieurs variétés d'oiseaux
- des vers
- des escargots de mer
Cette similarité soulève des questions sur les origines de ces animaux, et sur la manière dont ils se sont retrouvés aux extrémités de la planète.
Nous considérons l'Arctique et l'Antarctique comme ayant des habitats similaires, mais séparés par de grandes distances. Trouver des espèces aux deux extrémités de la Terre, dont certaines n'ont pas de liens connus entre elles, soulève un tas de questions sur l'évolution.
— Russ Hopcroft, Université de l'Alaska Selon le Britannique David Barnes, spécialiste de l'Antarctique, plusieurs hypothèses peuvent expliquer comment une même espèce peut vivre dans des régions opposées. Voici deux possibilités envisagées par l'expert:
- certains animaux ont peut-être voyagé le long des profonds courants sous-marins liant les pôles;
- d'autres espèces se seraient répandues lors de la période glaciaire, il y a environ 20 000 ans. À ce moment, les pôles occupaient une superficie bien plus grande qu'aujourd'hui, et les deux habitats étaient plus rapprochés.
Des biologistes procèdent actuellement à des analyses d'ADN afin de confirmer qu'il s'agit bien d'espèces identiques. La version finale du recensement, mené par 500 chercheurs de 25 pays depuis 2000, sera publiée en 2010. Les équipes ont prélevé des données biologiques dans près de 1 million d'endroits différents. Le projet est financé par des gouvernements, l'ONU et des organisations privées de protection de la nature.
Source: Science et santé - radio-canada.ca.
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